08.11.2005

SNCM : Restauration "rapide" sur le Pascal Paoli !

Le Pascal Paoli, çà vous dit quelquechose ?

Eh oui, c'est bien ce cargo mythique de la SNCM, détourné par les grévistes il y a quelques semaines et "libéré" héroïquement par le GIGN héliporté sur le pont du navire, au large du port de Bastia...

Impressionnés par ce passé historique récent, de retour du week end de toussaint en Corse, nous parcourions avec curiosité les coursives du batiment, à la recherche de vestiges des combats opposant les syndicalistes, la compagnie maritime et les forces de l'ordre...
Rien d'anormal sinon un luxe, quelque peu dispendieux, pour ce que l'on appelle vulgairement un cargo !

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La traversée s'annonçait bien. Avec un petit retard qui sera autant de sommeil en plus le lendemain, nous quittions Bastia et ses lumières pour bientôt s'écarquiller les yeux en cherchant à repèrer les villages du cap, traversés quelques heures auparavant... Depuis 20 ans que je joue à ce petit jeu, j'avoue mon impuissance... Problème d'échelle sans doute !
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On nous avait vanté le restaurant du cargo, et c'est donc fermement décidés à l'expérimenter, que nous en consultions la carte. Rien de folichon, pas de gastronomie typique, s'étant déjà offert un repas remarquable à Erbalunga quelques heures avant, nous décidâmes de nous rabattre sur le pic-nic prévu initialement pour le midi.
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L'entrée du petit port d'Erbalunga.

Charcuterie corse, fromage corse, pain aux chataîgnes... Diable, il manque le vin !
On part donc en chasse sur le bateau, et décidons d'acheter une bouteille... Devant la queue au guichet "Restauration rapide", on tente le coup au "Service au bar", juste à côté, et réclamons une bouteille à portée de main du barman... Impossible c'est pas la même caisse !

9 clients et 35 minutes de queue au guichet "restauration rapide"!
Un "serveur-caissier-cuisinier" prend les commandes, met à chauffer au micro-ondes ou au toaster, attend les 2 ou 3 minutes requises, fait le ticket, encaisse et rend la monnaie... A côté de lui, un marin, en bleu de travail, discute et de temps en temps lui tend le plat réchauffé...
35 minutes pour un pôt des Barronnies (50 cl.) à moins de 3 €! Un verre en apéro, la charcuterie bien arrosée, il ne nous restait rien pour un succulent fromage corse... Me voilà obligé de repartir à la "chasse au rouge".
Cette fois c'est pas 9 personnes , mais une trentaine qui attendent à la "restauration rapide", malgré l'heure tardive... Je ne peux me résoudre à renoncer à un verre de rouge avec mon fromage...
Je tente le coup "du cheval de Troie" et demande à un gars à l'allure sympathique sur le point d'être servi, de m'acheter mon vin et lui tend la monnaie...

"C'est pas possible, moi j'ai poireauté 3/4 d'heure !"
Après quelques explications alliant sincérité et bon sens, (j'ai déjà fait la queue une fois, j'en suis au fromage, une transaction de moins c'est autant de temps gagné pour les suivants...) je récupère mon pôt de Barronnies et file terminer mon repas...

Gratte, détournement, coulage...
Au lendemain de la reprise du travail après les dernières grèves à la SNCM, des langues s'étaient déliées et l'on avait vu fleurir dans la presse toutes sortes d'accusations, de suspicions et d'allusions... En tout cas rien de prouvé actuellement, mais nous ne pouvions nous empêcher de faire le rapprochement... Manque de motivation et fin de "petits avantages". A mon retour, ouvrant ma boite aux lettres j'y trouvait le libé du mardi 1er novembre. Page 30, rubrique "grand angle" :
"SNCM. Petits trafics en eau trouble"Surprenant non ?
Mais nous avons surtout pensé que le serveur devait avoir un copain qui "pionçait", dans une cabine, derrière, au lieu de lui donner la main...

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